La quête de l'énergie optimale
Ou : Comment j'ai arrêté de me sentir nul un mardi sur deux
« Combien de cafés tu bois par jour ? »
Elise Primeau m’a posé cette question avec LE ton. Tu sais lequel. Le ton du chiro qui dit « Je connais déjà la réponse et tu vas pas aimer la suite. »
J’ai dit un truc genre « bah… normal. »
On savait tous les deux que ça voulait dire « assez pour faire voler un Airbus. »
Cette question a tout changé. Pas tout de suite. Mais elle a planté une graine qui a mis des années à pousser.
La partie où j’avoue que je me croyais H.S.
Pendant des années, j’avais ce pattern :
Lundi : Inarrêtable. Les idées fusent. Les emails partent. Top of the world!
Mardi : Imposteur. Concentration zéro. Tout semble inutile. Pourquoi j’ai cru que je pouvais gérer une business ?
Mercredi : Je reviens doucement à la vie.
Jeudi : Ok peut-être que je suis pas un désastre total.
Vendredi : Ça va mieux.
Recommencer.
Je pensais vraiment que c’était un défaut de… personnalité. Que j’étais pas assez passionné. Que les vrais entrepreneurs ont pas de mauvais jours. Qu’au fond, j’étais pas de taille.
Ma femme connaît le pattern aussi. Les jours down, je suis un peu plus bête pour rien. Puis je m’excuse 5 minutes après. Régulièrement. Elle le prédit mieux que moi.
L’industrie du développement personnel adorait cette version de moi. J’arrêtais pas d’acheter des livres sur la discipline, la motivation, trouver son « pourquoi ».
« The Ride of a Lifetime » de Bob Iger. « Own the Day, Own Your Life » d’Aubrey Marcus. Des abonnements Masterclass que j’ai oublié d’annuler. Et tellement d’autres.
Ils décrivent tous leurs habitudes comme si c’était coulé dans le béton. Lève-toi. Hydrate-toi. Douche froide. Conquiers. Répète jusqu’à mourir riche.
Super. Mais qu’est-ce qui se passe le mardi quand tu peux pas décoller du sofa ?
Aucun de ces livres parle de ça.
Le piège du « La passion devrait suffire »
C’est ça qui m’a vraiment scrappé le cerveau.
Le discours c’est : si t’es vraiment passionné, tu vas toujours trouver l’énergie. Si tu procrastines, c’est que tu le veux pas assez. Les vrais entrepreneurs poussent à travers.
Donc quand je pouvais pas pousser à travers, la conclusion était claire. J’étais pas un vrai entrepreneur. Je faisais semblant. Je le voulais pas assez.
Loser.
Sauf que j’aime ce que je fais. Pour vrai. Bâtir ma business m’allume. Coacher des entrepreneurs. Créer du contenu. Enregistrer mes podcasts. C’est pas une job que j’endure en rêvant d’une plage.
Puis pourtant. Certains jours ? Réservoir vide. Rien.
J’aurais dû comprendre ça en 2018 quand j’ai fait un burnout en gérant 150 artistes chez Rodeo. M’a pris quelques années de plus pour faire le lien.
La passion bat pas la physique. Qui l’eut cru.
Le lien avec le sport
Ok là c’est gênant.
Je courais le 3000m steeple. Depuis le secondaire. En compétition. Je sais c’est quoi la périodisation. Je sais qu’on s’entraîne pas à 100% chaque jour. Je sais que les muscles se construisent au repos.
Tous les coureurs sérieux savent ça. Jours durs et jours faciles. Intervalles et joggings de récup. Semaines de peak et semaines de décharge.
Et pourtant.
Pour ma vie professionnelle, je m’attendais à fonctionner à 115% tous les jours pour toujours. Et quand je pouvais pas, je blâmais mon caractère.
Le même cerveau qui comprenait « jour de repos après l’entraînement sur piste » était pas capable d’assimiler « journée relax après un show livré. »
Ça fait du sens pour le sport, mais pour la vraie vie ? …il connect pas les points le bonhomme.
L’expérience (encore en cours)
J’ai lâché le café il y a presque deux ans. Chaque fois que j’essaie maintenant, mon corps me rappelle pourquoi j’ai arrêté. Mal de dos. Problèmes de vision bizarres. Tout le système qui passe en mode urgence.
Ce chapitre-là est fermé.
Mais je voulais quand même accéder à des états de « haute performance ». Pas tous les jours. Juste quand c’est utile.
Depuis un mois, j’expérimente avec des suppléments pré-workout seulement les jours d’entraînement. Lundi, mercredi, vendredi. J’ajuste encore le dosage. Trop et je parle trop vite, je perds le fil. Pas assez et à quoi bon.
Le game changer ? Comprendre l’amplitude.
L’amplitude
Pense à l’énergie comme une sinusoide.
Chaque fois que tu montes au-dessus de ta ligne de base, tu vas descendre en dessous après. Égal et opposé. Si je suis à 120% lundi, je vais être à 80% mardi. Peut-être mercredi.
C’est pas un échec. C’est de la physique.
Le but c’est pas d’éliminer les pics. C’est de gérer l’amplitude de façon consciente.
Grosse présentation mercredi ? Je m’assure que ce soit un jour d’entraînement. Juste assez de boost pour être sharp, pas au point de crasher jeudi quand j’ai des calls clients.
Meeting important qui pop un jour down ? Réduire le high d’avant. Moins d’amplitude = moins de crash. Et bien dormir la veille.
C’est de la gestion de ressources. La même logique que tu appliquerais au cashflow ou à l’inventaire. Sauf que cette ressource-là est plus fondamentale. Pas d’énergie, pas de business. Tout le reste dépend de ça.
Quoi va où
Jours haute énergie (lundi, mercredi, vendredi) :
- Enregistrements de podcast
- Calls clients importants
- Sessions de coaching
- Travail créatif
- Réflexion stratégique
Jours basse énergie (mardi, jeudi, flexible) :
- Jouer avec les enfants (ça recharge)
- Cuisiner
- Admin
- Emails qui demandent pas un cerveau à 100%
- Tâches légères qui ralentissent pas le plan
Week-end : Ouvert à l’aventure. Je m’adapte selon ce que la famille a besoin et ce que mon corps me dit.
La chambre à coucher
L’énergie au lit suit les mêmes règles.
Jour d’entraînement ? Go.
Jour down ? Ça arrive pas. Ou en tout cas, ça vaut pas la peine de forcer.
Deux jours après un gros pic ? Attention. C’est souvent là que le vrai crash arrive. Le dimanche peut être tricky si le vendredi était intense.
C’est pas une affaire séparée à gérer. C’est le même écosystème. Tu peux pas optimiser l’énergie au travail et ignorer ça. Tout est connecté.
Ma femme a compris le pattern bien avant moi 🙂
Les amplificateurs d’amplitude toxique
Dans ma vingtaine, j’ai pas mal tout essayé. Alcool. Cigarettes. Drogues récréatives. Tout ce qui rend les highs plus hauts et les lows plus bas.
Tu peux t’en sortir à 20 ans. Ton corps récupère vite. Pas de vraies responsabilités. Les swings d’amplitude, ça feel comme de l’aventure.
À 40 ans ? Essaye même pas.
L’amplitude devient ingérable. Les crashs durent plus longtemps. La récup prend des jours au lieu des heures. Et là t’as des enfants qui te regardent, des clients qui comptent sur toi, une business qui a besoin de constance.
J’ai coupé tout ce qui amplifie les swings quand j’ai rencontré ma femme. C’était le deal.
Je me sens bien. Énergie plus prévisible. Highs moins dramatiques mais lows moins dévastateurs.
La vie a pas perdu sa beauté. Elle est devenue meilleure. Plus durable. Plus présente.
Ajustement saisonnier
Voici ce que j’apprends : c’est pas un système fixe.
L’été à Montréal ? Soleil partout. Énergie naturelle plus haute. Moins besoin de boost. Le pré-workout pourrait disparaître complètement.
L’hiver ? Autre histoire. Moins de lumière. Le corps veut hiberner. Le boost aide plus.
Je joue avec la modulation d’amplitude selon les saisons. Je fine-tune encore ça. Demande-moi dans six mois.
Est-ce que je track ça ?
Apple Fitness enregistre les workouts. C’est pas mal ça.
J’ai essayé le tracking d’énergie détaillé. Spreadsheets. Apps. Journaux.
Honnêtement ? Comment je me sens compte plus que ce que les données disent.
Si mardi feel lourd, c’est lourd. J’ai pas besoin d’un tableau Excel pour me dire de prendre ça relax. Le corps sait.
Attention à l’accumulation
Voici le danger : des fois le calendrier demande 2-3 jours intenses back to back.
Semaine de lancement. Conférence. Enregistrements de podcast consécutifs.
Tu peux le faire. Mais le crash s’accumule. L’amplitude va dans les deux sens. Trois highs de suite = un creux plus profond et plus long après.
Quand ça arrive, je planifie pour. Je libère le calendrier après. Attentes basses. Indulgence pour moi-même quand je suis bon à rien pendant quelques jours.
Le sommeil, tabarnak!
Tout ce que je viens de décrire repose sur une chose : le sommeil.
Sans bon sommeil, rien de ça marche. Le modèle d’amplitude s’écroule. La récup se fait pas. Les jours down deviennent des jours catastrophe.
J’ai tendance à me lever à 5h pour une heure de méditation. Mais je garde ça flexible. La dette de sommeil est réelle et s’accumule plus vite que les intérêts de carte de crédit.
J’en ferai surement une newsletter dédié.
Le point
Je suis pas là pour te dire que mon système est LA solution.
Je suis là pour dire : si tu te traites de paresseux, d’indiscipliné, ou de pas assez passionné les jours down, peut-être à reconsidérer.
T’as jamais été un loser. T’es juste de l’autre côté d’une vague que t’as créée sans le réaliser.
L’énergie c’est la ressource la plus fondamentale que t’as. Plus fondamentale que le temps. Plus fondamentale que l’argent. Tout le reste en dépend.
Gère-la comme tu gérerais n’importe quelle ressource business critique. Parce que c’est ça que c’est.
Je suis encore en train de figurer ça. Un mois dans l’expérience actuelle. Ajustements constants.
Mais j’ai arrêté de me traiter de loser les mardis.
C’est du progrès.
À toi
Comment tu gères ça ? Tu planifies autour de tes cycles d’énergie ou tu serres les dents en espérant que ça passe ?
Vraiment curieux. Réponds-moi.
Deep dive si ça t’intéresse :
- Bob Iger, « The Ride of a Lifetime »
- Aubrey Marcus, « Own the Day, Own Your Life »
- Recherche sur le gène CYP1A2 (explique pourquoi certains métabolisent la caféine vite et d’autres pas) → Pas encore lu
Si ça a résonné :
Je coach des entrepreneurs à bâtir des business durables sans se brûler. Encore.





